À l’échelle mondiale et au sein des institutions de développement et des gouvernements, il existe une prise de conscience plus affûtée du besoin de mieux comprendre les liens entre l’agriculture et la nutrition et de décrypter comment le secteur agricole pourrait contribuer à une nutrition améliorée. On en sait encore moins en termes de quoi fournir et comment fournir aux ménages ruraux des « services agricoles sensibles à la nutrition1 » de manière efficiente. Les conseillers agricoles (par des circuits publics, privés ou par le biais d’organisations non gouvernementales (ONG)) sont souvent jugés comme une plateforme ou un véhicule prometteur pour la fourniture de savoir et de pratiques pour améliorer la nutrition des communautés rurales parce qu’ils touchent les agriculteurs et interagissent avec eux dans différents contextes. Ils agissent comme des prestataires de services importants sur des aspects qui touchent la production, la consommation et la sécurité alimentaire dans les domaines de l’agriculture, l’élevage et la foresterie.
En Afrique de l’Ouest, dans les années 1990, des méthodes innovantes de conseil ont été développées. Elles rompent avec les approches traditionnelles et hiérarchisées des services publics focalisées sur la production et permettent de répondre à la diversité des besoins des paysans en ayant recours à des méthodes participatives. Parmi celles-ci, on peut citer le conseil à l’exploitation familiale (CEF). Il a été adapté à divers contextes et est aujourd’hui mis en oeuvre par une multiplicité d’acteurs, notamment des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations de producteurs (OP), des sociétés cotonnières et des agences gouvernementales. Touchant approximativement 100.000 producteurs dans plusieurs pays d’Afrique, le CEF a été récemment adapté à de nouveaux contextes, notamment en Birmanie (Myanmar, Asie du Sud- Est) et au Malawi (Afrique de l’Est).
La radio est considérée comme l’une des technologies de l’information les plus anciennes et c’est l’une des plus populaires du monde en développement, en partie du fait de son accessibilité et son caractère abordable. Si beaucoup de personnes en milieu rural possèdent une radio, ceux qui n’en ont pas peuvent accéder aux programmes par le biais de la radio de leurs proches, leurs amis ou voisins. Par tradition, la radio a toujours été perçue comme un outil de communication unidirectionnelle, qui fournit des informations, des nouvelles ou des divertissements aux auditeurs. Toutefois, lorsqu’elle est associée à d’autres outils de communication (comme les téléphones mobiles), elle peut faire office de plateforme de dialogue pour poursuivre des discussions sur des sujets qui intéressent les auditeurs et pour créer des programmes divertissants et interactifs. Pour les agriculteurs, la radio peut les aider à se rapprocher d’experts techniques, de décideurs politiques, d’autres agriculteurs, de fournisseurs ou d’acheteurs. La radio en guise d’outil de vulgarisation – et tout particulièrement les programmes participatifs et pilotés par la demande – s’inscrit en complément des systèmes d’information agricole existants qui mettent l’accent sur l’interaction entre les parties prenantes (agriculteurs, courtiers du savoir du secteur public ou privé, acteurs du marché, chercheurs, décideurs politiques, secteur financier, etc.) où aucun acteur n’est expert. De surcroît, les programmes radio dans la langue locale fournissent de nouveaux circuits de communication et un espace de dialogue pour les communautés dans les zones plus reculées ou avec un niveau d’instruction hétérogène.
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